Aller au contenu principal

OGM, Organismes Génétiquement Modifiés

Les nouvelles techniques permettant d'induire des modifications ciblées dans le génome des animaux domestiques et leurs applications potentielles

Le génie génétique constitue un outil puissant pour modifier les pro­ductions agricoles et agroalimentaires en produisant les organismes génétiquement modifiés (OGM). Son champ d'application est actuelle­ment beaucoup plus large et plus avancé pour le règne végétal que pour le règne animal.

La transgenèse végétale permet d'accroître la producti­vité des espèces cultivées en améliorant leurs performances agrono­miques, de diminuer la pollution environnementale grâce à la suppression ou l'allégement des traitements par des substance chimiques (herbicides, pesticides, fongicides...) et, enfin, de susciter la production de molécules à forte valeur ajoutée comme les médicaments. La transgenèse végétale peut ainsi jouer un rôle très important dans les domaines de l'alimenta­tion, de l'environnement et de la santé. Au plan alimentaire, les modifica­tions ainsi obtenues sont aussi bien qualitatives que quantitatives et per­mettent d'envisager un abaissement du coût de production par l'amélioration du rendement.

Chez l'animal, le champ d'application est actuellement beaucoup plus réduit. Il a, jusqu'à présent, essentiellement concerné les problèmes de santé par la mise au point d'animaux modèles pour l'étude de maladies humaines, la préparation d'organes animaux pour la transplantation à l'espèce humaine et la pré­paration de protéines recombinantes à effet bénéfique pour la santé.

Certaines techniques récemment développées par les généticiens permettent maintenant de produire, pratiquement à volonté, des modifications ciblées dans le génome des animaux domestiques. Tout comme les techniques classiques de transgénèse, ces techniques conduisent à la production d'organismes génétiquement modifiés (OGM), mais elles sont par nature très différentes de ces dernières et doivent plutôt être considérées comme procédant d'une véritable "ré-écriture" de certaines parties du génome1. Des expériences faites sur des animaux de laboratoire (souris, rats, etc.) et des animaux de rente (porcs, bovins, ovins, etc.) laissent entrevoir un avenir prometteur et un très large champ d'applications pour ces techniques, un avenir que la profession vétérinaire ne peut ignorer car il n'a d'autres limites que celles de l'imagination d'une part et celles de l'éthique relative au bien-être animal d'autre part.

Un document réalisé par un groupe de travail de l'AVF coordonné par M. Jean-Louis Guénet présente, de manière didactique et simplifiée, l’essentiel des données de base qui permettent de comprendre le principe de ces techniques et d'en apprécier le potentiel. Il a pour but de stimuler une réflexion objective de la part des membres d'un groupe de travail mis en place par l'Académie Vétérinaire de France et sera éventuellement suivi d'un avis sur le sujet.

Ce document a aboutis à un avis de de l'Académie Vétérinaire de France qui recommande

- que les projets de recherches faisant usage des technologies modernes d’ingénierie du génome soient encouragés à tous niveaux et financés de façon adéquate sous peine d’entraîner un retard préjudiciable. 

- qu'une législation communautaire adaptée au cas des animaux domestiques génétiquement modifiés voie rapidement le jour afin d'établir un cadre réglementaire qui soit fonction du type de modification génétique et prenne en compte l'évolution rapide de la technologie en ce domaine, de manière à favoriser l'innovation. Cette législation devra tenir compte du fait que la plupart des recherches visant à produire des animaux dont le génome a été l'objet de modifications ciblées n’ont d’intérêt que dans la mesure où elles confèrent effectivement un avantage économique, sanitaire, ou de bien-être animal appréciable.

- que les projets relatifs à la production ou l'importation d'animaux domestiques dont le génome aura été modifié par réécriture de certains segments d’ADN soient examinés au cas par cas, par les instances compétentes, et qu’ils fassent l’objet d’un avis scientifiquement fondé, prenant aussi en compte une analyse du degré d’acceptabilité par la société.