ACADÉMIE VÉTÉRINAIRE DE FRANCE
Reconnue d'utilité publique par décret du 16 avril 1878 34, rue Breguet 75011 PARIS
Séance académique du 3 février 2022, 14h00 - 17h30
Visioconférence ZOOM US :
us02web.zoom.us/j/88331642045
ID de réunion : 883 3164 2045
Code secret : 361715
Présidence: André JESTIN
I- PARTIE PUBLIQUE
I – 1/ Protocole académique :
Hommage au Docteur-Vétérinaire Patrick LE BAIL (Président AVF 2017), par Eric PLATEAU
I – 2/ Séance thématique : « Biodiversité »
Coordinateurs : Didier Boussarie, Marc Artois. Modérateur : Prof. André-Laurent Parodi
Introduction par André-Laurent Parodi
« La santé des écosystèmes : quelle définition ? », par Patrick GIRAUDOUX, Chrono-environnement UMR 6249, Université Bourgogne Franche-Comté – CNRS, Besançon
« Les relations entre maladies transmissibles (des animaux et des hommes) et les altérations de la biodiversité », par Marc ARTOIS, Ecologue de la Santé animale, professeur honoraire à Vetagro Sup, membre correspondant AVF
« Impact du phénomène NAC sur la biodiversité », par Didier BOUSSARIE, président du GENAC 1999-2005, Clinique vétérinaire de Fismes (51)
Résumé de la communication de Didier Boussarie, NAC et Biodiversité
L’engouement pour les NAC favorise-t-il la raréfaction voire la disparition des espèces dans leur milieu naturel ?
La question ne se pose pas pour les petits mammifères de compagnie qui sont aujourd’hui tous issus d’élevage. Il en est de même pour les oiseaux car depuis l’interdiction européenne d’importation commerciale de 2005 en raison de l’Influenza aviaire, tous les oiseaux vendus dans les animaleries, les magasins spécialisés et chez les éleveurs sont également tous issus d’élevage. Il est par contre indiscutable que l’engouement du public, notamment pour certaines espèces d’oiseaux et de reptiles, a provoqué et provoque encore des raréfactions regrettables dans le milieu naturel. Le tarin rouge du Venezuela (Carduellis cucullata) a failli disparaître en raison de la mode du canari à facteur rouge et de la demande insatiable qu’elle suscita parmi les éleveurs au début du siècle dernier. Le cacatoès des Philippines (Cacatua hoematuropygia) endémique à l’archipel du même nom, est en situation très critique en raison de la destruction de son biotope, mais surtout parce qu’il a la malchance d’être le seul Psittacidé parleur de son pays. Les populations de perroquet gris d’Afrique (Psittacus erythacus), de python royal (Python regius) ou de tortue boîte de Caroline (Terrapenecarolina) ont nettement diminuées dans leur milieu naturel en raison des prélèvements excessifs dont ils font l’objet pour alimenter le marché du NAC. Une grande partie des reptiles, des amphibiens, les poissons marins, une grande partie des coraux, les crabes et une partie des invertébrés sont encore prélevés dans leur milieu naturel. Pour autant aucune espèce ne s’est éteinte à cause du marché des NAC
La solution idéale serait d’interdire tout prélèvement dans le milieu naturel à des fins commerciales, qu’elle que soit l’espèce, et d’alimenter le marché du nouvel animal de compagnie à l’échelle mondiale uniquement avec des animaux issus d’élevage, avec toutes les garanties d’origine et de bon état sanitaire. La route est longue, mais les choses évoluent plutôt favorablement en raison des contraintes règlementaires actuelles (AM du 08 octobre 2018), des fermes d’élevage qui se développent pour pratiquement toutes les espèces, et d’une prise de conscience à l’échelle mondiale.
Didier Boussarie
les relations entre Maladies transmissibles (des animaux et des hommes) et les altération de la Biodiversité
Présentation courte de la communication: les auteurs décrivent comment certains agents pathogènes peuvent passer du « réservoir » naturel sauvage à celui des animaux domestiques et aux populations humaines. L’exploitation et la destruction des milieux naturels comme les forêts primaires et les zones humides tropicales, ainsi que le rapprochement d’espèces consécutif, favorisent des contacts permettant le passage (direct ou via des réservoirs intermédiaires) d’agents pathogènes du réservoir sauvage aux humains, qui propagent ensuite ces agents sur la planète. La communication suggère que l’approche pluridisciplinaire doit progresser tant dans le domaine de la recherche que dans celui des pratiques et de l’enseignement. Cette pluridisciplinarité implique une étroite collaboration entre les médecines vétérinaires et humaines, l’écologie de la santé, d’autres disciplines biologiques et environnementales, et les sciences humaines.
Auteurs : E. ROBARDET1, N. CHARBONNEL2, J.-F. GUÉGAN3, E. MONCHÂTRE-LEROY4, A. PARODI5, JY. GAUCHOT6, H. ZELLER7, D. BOUSSARIE8 & M. ARTOIS9
1. Laboratoire de la Rage et de la Faune Sauvage de Nancy, ANSES, Bâtiment H, Technopôle Agricole et Vétérinaire CS 40 009 54220 Malzéville, France emmanuelle.robardet(at)anses.fr. Auteur correspondant
2. CBGP, INRAE, CIRAD, IRD, Institut Agro, Université de Montpellier, Montpellier, France nathalie.Charbonnel(at)inrae.fr.
3. ASTRE, INRAE, Cirad, Université de Montpellier, Campus international de Baillarguet, 34398 Montpellier Cedex 5, France ; MIVEGEC, IRD, CNRS, Université de Montpellier, 911 avenue Agropolis, BP 64501, 34394 Montpellier cedex 5, France jean-francois.guegan(at)inrae.fr.
4. Laboratoire de la Rage et de la Faune Sauvage de Nancy, ANSES, Bâtiment H, Technopôle Agricole et Vétérinaire CS 40 009 54220 Malzéville, France elodie.monchatre-leroy(at)anses.fr
5. Président honoraire de l'Académie nationale de Médecine et de l'Académie vétérinaire de France, Directeur honoraire de l'Ecole nationale vétérinaire d'Alfort
andre-laurent.parodi(at)vet-alfort.fr.
6. DMV, praticien, Clinique Vétérinaire, Terre de Fontenille 24260 Le Bugue, Fédération des Syndicats Vétérinaires de France Maison des Vétérinaires 10 place Léon Blum 75011 Paris JYGauchot(at)wanadoo.fr.
7. Anciennement Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), Gustav III, Boulevard 40, 169 73 Solna, Suède herve.zeller(at)ecdc.europa.eu, et Institut Pasteur, Paris.
8. Dr vet. Clinique vétérinaire Fismes 2 rue des Comtes Thibault 51170 FISMES didier.boussarie(at)wanadoo.fr.
9. LISAE : Lorraine investigation santé animale et environnementale. 54200 Lagney lisae(at)orange.fr. (présentateur de la communication : Écologue de la santé animale, professeur honoraire à Vetagro Sup, membre correspondant de l’Académie vétérinaire de France)
Résumé: Les auteurs réunis sous l’égide de l’Académie vétérinaire de France ont étudié comment la littérature scientifique interroge le rapport entre l’émergence de zoonoses ou de nouvelles maladies infectieuses humaines et animales, d’une part et les pertes de biodiversité observées sous l’effet des pressions humaines d’autre part. L’examen de la littérature consultée décrit comment certains agents pathogènes peuvent passer du « réservoir » naturel sauvage à celui des animaux domestiques et aux populations humaines. L’exploitation et la destruction des milieux naturels comme les forêts primaires et les zones humides tropicales, ainsi que le rapprochement d’espèces consécutif, favorisent des contacts permettant le passage (direct ou via des réservoirs intermédiaires) d’agents pathogènes du réservoir sauvage aux humains, qui propagent ensuite ces agents sur la planète. Il existe toutefois une importante variabilité des modalités permettant le passage, puis la propagation locale et planétaire des agents pathogènes issus de la biodiversité. Il est prématuré de tirer des conclusions générales sur les relations que cette revue scientifique a examinées. L’article suggère néanmoins que l’approche pluridisciplinaire doit progresser tant dans le domaine de la recherche que dans celui des pratiques et de l’enseignement. Cette pluridisciplinarité implique une étroite collaboration entre les médecines vétérinaires et humaines, l’écologie de la santé, d’autres disciplines biologiques et environnementales, et les sciences humaines.
Mots clefs: biodiversité, transmission, zoonose, maladie infectieuse émergente
Lien avec l’article complet :https://academie-veterinaire-defrance.org/fileadmin/user_upload/Publication/Bulletin-AVF/BAVF_2021/Robardet_maladies_biodoversite_bavf_2021.pdf
Summary:
the relationships between Communicable diseases (of animals and human beings) and deterioration of biodiversity
The authors, under the aegis of the Veterinary Academy of France, studied how the scientific literature questions the relationship between the emergence of zoonosis or new human and animal infectious diseases and the loss of biodiversity observed under anthropogenic changes. This review describes how some pathogens can spill over from « wild reservoir » to domestic animal populations and human. The exploitation and destruction of natural environments such as primary forests and tropical wetlands, and closest proximity amongst species that is consecutive promote contacts that allow pathogens to circulate from the wild natural reservoirs to humans, who then spread these agents all over the world. However, there is a large array of modalities with regard to the transmission and further spread of pathogens from biodiversity. It is premature to draw general conclusions on these relationships from this review only. However, the study emphasizes the needs to strengthen a multidisciplinary approach in research as well as in practice and teaching. Such multi-disciplinary approach should involve close collaborations between veterinary and human medicines, ecology, other biological and environmental disciplines and the human sciences.
Key words: biodiversity, transmission, zoonosis, infectious emerging disease
les relations entre Maladies transmissibles (des animaux et des hommes) et les altération de la Biodiversité
Présentation courte de la communication: les auteurs décrivent comment certains agents pathogènes peuvent passer du « réservoir » naturel sauvage à celui des animaux domestiques et aux populations humaines. L’exploitation et la destruction des milieux naturels comme les forêts primaires et les zones humides tropicales, ainsi que le rapprochement d’espèces consécutif, favorisent des contacts permettant le passage (direct ou via des réservoirs intermédiaires) d’agents pathogènes du réservoir sauvage aux humains, qui propagent ensuite ces agents sur la planète. La communication suggère que l’approche pluridisciplinaire doit progresser tant dans le domaine de la recherche que dans celui des pratiques et de l’enseignement. Cette pluridisciplinarité implique une étroite collaboration entre les médecines vétérinaires et humaines, l’écologie de la santé, d’autres disciplines biologiques et environnementales, et les sciences humaines.
Auteurs : E. ROBARDET1, N. CHARBONNEL2, J.-F. GUÉGAN3, E. MONCHÂTRE-LEROY4, A. PARODI5, JY. GAUCHOT6, H. ZELLER7, D. BOUSSARIE8 & M. ARTOIS9
1. Laboratoire de la Rage et de la Faune Sauvage de Nancy, ANSES, Bâtiment H, Technopôle Agricole et Vétérinaire CS 40 009 54220 Malzéville, France emmanuelle.robardet(at)anses.fr. Auteur correspondant
2. CBGP, INRAE, CIRAD, IRD, Institut Agro, Université de Montpellier, Montpellier, France nathalie.Charbonnel(at)inrae.fr.
3. ASTRE, INRAE, Cirad, Université de Montpellier, Campus international de Baillarguet, 34398 Montpellier Cedex 5, France ; MIVEGEC, IRD, CNRS, Université de Montpellier, 911 avenue Agropolis, BP 64501, 34394 Montpellier cedex 5, France jean-francois.guegan(at)inrae.fr.
4. Laboratoire de la Rage et de la Faune Sauvage de Nancy, ANSES, Bâtiment H, Technopôle Agricole et Vétérinaire CS 40 009 54220 Malzéville, France elodie.monchatre-leroy(at)anses.fr
5. Président honoraire de l'Académie nationale de Médecine et de l'Académie vétérinaire de France, Directeur honoraire de l'Ecole nationale vétérinaire d'Alfort
andre-laurent.parodi(at)vet-alfort.fr.
6. DMV, praticien, Clinique Vétérinaire, Terre de Fontenille 24260 Le Bugue, Fédération des Syndicats Vétérinaires de France Maison des Vétérinaires 10 place Léon Blum 75011 Paris JYGauchot(at)wanadoo.fr.
7. Anciennement Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), Gustav III, Boulevard 40, 169 73 Solna, Suède herve.zeller(at)ecdc.europa.eu, et Institut Pasteur, Paris.
8. Dr vet. Clinique vétérinaire Fismes 2 rue des Comtes Thibault 51170 FISMES didier.boussarie(at)wanadoo.fr.
9. LISAE : Lorraine investigation santé animale et environnementale. 54200 Lagney lisae(at)orange.fr. (présentateur de la communication : Écologue de la santé animale, professeur honoraire à Vetagro Sup, membre correspondant de l’Académie vétérinaire de France)
Résumé: Les auteurs réunis sous l’égide de l’Académie vétérinaire de France ont étudié comment la littérature scientifique interroge le rapport entre l’émergence de zoonoses ou de nouvelles maladies infectieuses humaines et animales, d’une part et les pertes de biodiversité observées sous l’effet des pressions humaines d’autre part. L’examen de la littérature consultée décrit comment certains agents pathogènes peuvent passer du « réservoir » naturel sauvage à celui des animaux domestiques et aux populations humaines. L’exploitation et la destruction des milieux naturels comme les forêts primaires et les zones humides tropicales, ainsi que le rapprochement d’espèces consécutif, favorisent des contacts permettant le passage (direct ou via des réservoirs intermédiaires) d’agents pathogènes du réservoir sauvage aux humains, qui propagent ensuite ces agents sur la planète. Il existe toutefois une importante variabilité des modalités permettant le passage, puis la propagation locale et planétaire des agents pathogènes issus de la biodiversité. Il est prématuré de tirer des conclusions générales sur les relations que cette revue scientifique a examinées. L’article suggère néanmoins que l’approche pluridisciplinaire doit progresser tant dans le domaine de la recherche que dans celui des pratiques et de l’enseignement. Cette pluridisciplinarité implique une étroite collaboration entre les médecines vétérinaires et humaines, l’écologie de la santé, d’autres disciplines biologiques et environnementales, et les sciences humaines.
Mots clefs: biodiversité, transmission, zoonose, maladie infectieuse émergente
Lien avec l’article complet :https://academie-veterinaire-defrance.org/fileadmin/user_upload/Publication/Bulletin-AVF/BAVF_2021/Robardet_maladies_biodoversite_bavf_2021.pdf
Summary:
the relationships between Communicable diseases (of animals and human beings) and deterioration of biodiversity
The authors, under the aegis of the Veterinary Academy of France, studied how the scientific literature questions the relationship between the emergence of zoonosis or new human and animal infectious diseases and the loss of biodiversity observed under anthropogenic changes. This review describes how some pathogens can spill over from « wild reservoir » to domestic animal populations and human. The exploitation and destruction of natural environments such as primary forests and tropical wetlands, and closest proximity amongst species that is consecutive promote contacts that allow pathogens to circulate from the wild natural reservoirs to humans, who then spread these agents all over the world. However, there is a large array of modalities with regard to the transmission and further spread of pathogens from biodiversity. It is premature to draw general conclusions on these relationships from this review only. However, the study emphasizes the needs to strengthen a multidisciplinary approach in research as well as in practice and teaching. Such multi-disciplinary approach should involve close collaborations between veterinary and human medicines, ecology, other biological and environmental disciplines and the human sciences.
Key words: biodiversity, transmission, zoonosis, infectious emerging disease